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 Le désert n'est pas que dunes à perte de vue [Eärebriclya]

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MessageSujet: Le désert n'est pas que dunes à perte de vue [Eärebriclya]   Ven 8 Aoû - 19:23

Voilà que je quittai, après une année, les hautes tours d'Evant'ÿs, pour aller à An-Trazza. Une fois encore, les prêtres m'avaient laissé partir avec réticence. Après tout, j'étais un de leurs prédicateurs, c'était leur culte que j'étais censé proférer en premier. Et puis c'étaient eux qui m'avaient trouvé, et élevé à ma dignité. Ils estimaient que je leur devais quelque chose.

S'ils croyaient que je me sentais redevable de quoi que ce soit, ils pouvaient se foutre le doigt dans l’œil jusqu'au cul. La seule chose qu'ils avaient fait pour moi était de m'exploiter et de fonder tout un mythe sur ma personne.

Pas que je m'en plaigne. Terminé, le temps des chialeries de gamin capricieux et gâté. J'avais accepté mon rôle. Mais je ne vois pas en quoi je devais me sentir redevable de quoi que ce soit. Si je suivais leur raisonnement, ce sont eux qui auraient dû se sentir honorés de me recevoir et de m'éduquer.

Quoi qu'il en soit, mon escorte et ma suite suivaient à l'avant comme à l'arrière. La caravane se composait des guerriers et protecteurs, de marchands qui profitaient de la protection et de la bénédiction de ma Sainteté, de musiciens et artistes qui sous couvert de distraire l'Enfant-Fleur profitaient également du groupe d'inquisiteurs-guerriers. Ces derniers avaient voulu refuser. Car plus de personnes signifie prendre plus d'eau et de nourriture pour le voyage, et il pouvait s'en passer, des choses, en cinq jours de voyage. Mais, bien conscient de ces risques, j'avais intercédé en la faveur des marchands et des artistes. Si je n'étais même pas capable d'accorder la protection de ma propre escorte aux gens qui vénéraient la Trinité, je ne servais à rien. Elle aurait été belle, tiens, la petite relique ! L'automate le plus inutile qui soit.

C'est ainsi que, pendant un jour, mes inquisiteurs firent la gueule. Moi, dans ma litière aux rideaux fermés, je n'en avais rien à faire. Des fois, j'invitai quelques enfants de la caravane, ou les plus vieux, à monter avec moi. Au moins ça me faisait de la compagnie car le voyage était d'un chiant, mais d'un chiant ! En même temps, je ne sais pas ce que les prêtres ont eu en tête de me foutre cette énorme litière. Sérieusement, je ne suis pas grabataire, je peux parfaitement monter n'importer quel animal qu'on me présente. Mais ça aurait manqué de classe et de tenue. J'étais au dessus de tout ça, voyons.

Satanés vieillards. Du moins savaient-ils meubler une couche : coussins et rideaux de soie orange, ainsi qu'intérieur décoré avec goût. Ça, c'est sûr, elle était moelleuse et confortable – et surprise agréable, ils y avaient mis mon oud – , et pouvait être tirée tant par des mulets que portée par des hommes. En l'occurrence, les bêtes qui tiraient ma couche étaient des bœufs à tête plate aux cornes les plus énormes et entortillées que j'aie jamais vu.

Mais trêve de description. Ça faisait quatre jours que nous voyagions et que je me faisais chier comme un rat mort. Même tirer quelques accords de mon oud ou parcourir les tentes pour discuter avec les uns ou les autres lorsque l'on dressait le campement n'avait pas réussi à me tirer de mon ennui. Je n'avais qu'une hâte, arriver au plus vite à An-Trazza, revoir Léhalvah, et passer encore une fois une année interminable à ânonner prières et bénédictions.

Peut-être que mon ennui fut entendu par quelqu'un. Ou peut-être qu'il s'agissait d'un bête concours de circonstances. Le lendemain, alors que nous étions censé enfin atteindre le joyaux du désert, la cohorte s'arrêta. Toute une file stoppée au beau milieu de la Route Pourpre, avec des roulottes diverses et autres litières richement ouvragées, entourées de guerriers en rouge et orange, ça peut impressionner, de loin. Mais ce qu'il y avait de plus impressionnant encore, c'était ce qu'il nous tombait dessus.

Foutremerde, ça faisait longtemps qu'on avait pas essuyé de tempête de sable.

Navré pour notre comité d'accueil à An-Trazza, mais on allait avoir un léger retard. Si on arrivait à survivre.
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MessageSujet: Re: Le désert n'est pas que dunes à perte de vue [Eärebriclya]   Ven 8 Aoû - 21:50

Une banale mission d'escorte ? Je valais mieux que cela non ? Ma montée en grade allait bientôt prendre effet, et on ne trouvait rien de mieux que de m'envoyer chercher un blablateur. Ouais c'est comme ça que j'appelais ceux qui viennent vous emmerder avec leurs prières et leurs bénédictions. M'enfin, il en fallait acceptée sinon on m'aurait prise pour une hérétique...
Ce n'est pas que je n'aimais pas marcher, j'avais d'ailleurs énormément d'endurance, et une longue marche ne me faisait pas peur mais.... ce n'est pas non plus que ça faisait quatre jours que l'on avançait, mais franchement... On se faisait mais chier, à un point que personne d'autre ne pouvait imaginer.
Les trois premiers jours étaient encore supportable, Fafy ne faisait aucun bruit, tranquillement blottit dans mon cou, cachée au yeux de tous par ma longue chevelure. Mais il arriva un moment au cours de la quatrième journée où elle laissait place à son autre personnalité tout à fait charmante si je puis dire car il ne cessait de proférer des menaces envers les personnes autour de nous. J'avais beau lui dire de la fermer, que je comptait faire de lui ma prochaine bourse s'il ne m'écoutait pas, mais rien à faire... Et à l'heure où je conte, il continue de parler, peu importe si personne ne l'écoute, du moment qu'il s'exprime, il est content.

- Je ne pense pas que les humains doivent survivre. Nan mais regarde les, ils se trainent les pieds, se plaignent quand y a trois grains de sable dans leurs godasses... Tu sais bien en plus qu'à nous deux on pourrait tous les éliminer. Ce ne serait franchement pas une grande perte, et au moins tu serais tranquille pour un moment non ? Disons les quelques derniers jours qu'il faudrait pour rentrer à la maison. D'ailleurs, en parlant de maison, il faut encore combien de temps pour y rentrer ? J'aimerai bien un peu de viande en arrivant, parce que ça fait un moment que je ne bois que ta soupe, et il me faut vraiment plus. En plus t'as pas voulu me donner un peu de frometon hier soir, tu me le paieras, parce que j'adore le frometon, tu le sais bien. Et toi là ! T'approche pas ou jte bouffe !!! Nan mais t'as vu ça Eärebriclya ?? Il m'a regardé comme si j'étais qu'une pauvre merde ! Il a pas à faire ça ! Laisse moi lui faire la peau ! Oh et d'ailleurs, je te l'avais jamais demander, mais ta mère, elle s'était prit un coup de pelle en travers de la face pour avoir trouvé ton prénom ? Nan parce qu'à chaque fois qu'on le prononce, les dieux tuent un chaton.

Et il n'arrêtait pas... Pas moyen de le faire taire, et pourtant je l'avais déloger assez souvent de mes épaules pour le foutre au sol et de le piétiner gaiement, mais en vain. Il revenait toujours, et continuait de parler. C'est exactement pour ça ma raison de préférer son autre personnalité... Pourquoi je l'ai pas jeté quand je l'ai rencontré hein ??? Je pense que j'aurai préféré me faire chier tout du long, et pas me faire emmerder par un dragon nain moulin à parole.. Et je n'avais pas dormis de la nuit avec ses bêtises. Ah bah oui hein, parce qu'il parlait aussi la nuit...
Quand soudain...

Le silence.

Ah bah quand même il se la fermait enfin. Mieux que cela, il était partit de mon épaule pour aller à l'arrière du troupeau. Je lâcha un ricanement avant de regarder devant moi et de comprendre.

- Oh le con...

Quel petit trou du cul de ne pas m'avoir avertit... Je regardais devant moi avec fascination, l'immense nuage de poussière et de sable. C'était assez beau à contempler, et l'une des rares catastrophes que l'on pouvait observer ici... Il était clair qu'un tsunami n'allait jamais nous arriver.. Mais avant de songer à la beauté de la chose, il faudrait peut-être nous sortir de ce pétrin... Seule, c'était facile de se tirer de là, trouver un abri vite fait et hop... Mais on était un certain nombre, et notre mobilité était réduite. Il fallait faire quelque chose tout de suite si l'on voulait s'en sortir.


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MessageSujet: Re: Le désert n'est pas que dunes à perte de vue [Eärebriclya]   Sam 9 Aoû - 1:20

Une chose qui aurait peut-être pu me mettre une puce à l'oreille, c'est qu'après des jours de silence, l'espèce de dragon miniature qui se perchait sur l'épaule d'une grande bringue de Doss'Ta se mit soudainement à déblatérer je ne sais quelle connerie. Peut-être qu'il avait senti la tempête arriver ?

Quoi qu'il en soit, l'heure n'était plus aux hypothèses. Ni une, ni deux, je sortis d'une traite de la litière.

« Umawi, réunis tous les enfants que tu peux et mets les dans la litière avant de fermer les volets en b...
- Votre Sainteté, vous n'y pensez pas ! me rétorqua, outragé, l'inquisiteur chargé de me faire traverser en sécurité la Route Pourpre. Remontez dans votre litière, je fermerais les volets en bois pour vous protéger du sable. Nous nous débrouillerons.»

Oh putain de bordel de foutre. Il n'allait pas commencer à me les briser, celui là !

« Tu oses contester mes ordres ? sifflai-je, ulcéré.
- On m'a chargé de veiller à votre sécurité, je dois...
- Préoccupe-toi plutôt de la sécurité des plus faibles ! »

Le dernier ordre avait été aboyé avec plus de hargne que je ne l'aurais voulu. Je fonçai vers l'arrière de la caravane, réussissant à élever ma voix au dessus du vent qui s'était mis à souffler violemment. Hé quoi ! Devoir pousser sur les cordes vocales pour parler et se faire entendre dans un Temple entier avait porté ses fruits. De loin, j'entendis Umawi proférer quelque insulte. Pas trop fort, pour que les dieux ne l'entendent pas, mais pas assez pour que le Héraut de la Trinité ne puisse pas discerner ses mots. S'il me posait problème, lui, je pourrai prétexter un juron offensant les dieux. Il avait beau être un inquisiteur, j'étais l'Enfant-Fleur.

« Eh, toi ! »

J'interpellai l'espèce de guenon qui possédait le lézard.

« Aide moi à réunir les gamins, et à aider les autres à se faire des abris de fortune. »

Je n'avais pas pris le temps de m'arrêter. Le vent de plus en plus fort faisait tintinnabuler les pièces et le métal de ma tenue et de ma coiffe.  Je me retournai, pour voir Umawi me suivant de bien mauvaise grâce, quelques pas derrière la fille, qui était restée immobile.

« Bouge-toi ! On a pas beaucoup de temps ! »


Dans le doux abîme, ô Lune, où tu te plonges,
Es-tu le soleil des morts bienheureux,
Le blanc paradis où s'en vont leurs songes ?
Ô monde muet, épanchant sur eux,
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MessageSujet: Re: Le désert n'est pas que dunes à perte de vue [Eärebriclya]   Sam 9 Aoû - 9:21

" Eh, toi ! "

Tout grouillait autour de moi et pour la première fois, je ne savais pas quoi faire, et avait besoin de réfléchir. Je n'avais pas entendu l'homme m'appeler, continuant dans ma réflexion. Raaah c'était exactement pour ça que j'avais horreur des missions d'escorte. Je suis une guerrière, pas un animal qui dois suivre comme un con son maître.

« Aide moi à réunir les gamins, et à aider les autres à se faire des abris de fortune. »

Cette fois mon oeil tiqua et je sortit soudainement du flot de pensées qui m'assaillait. Oui, ce type avait raison, il fallait aider les moins résistant à se faire un abris. Je regardai tout autour de moi pour repérer quelques enfants, et l'emplacement de la litière.

« Bouge-toi ! On a pas beaucoup de temps ! »

Euuuuh ta gueule pour voir morveux ? Il avait quoi lui à me donner des ordres ? Et l'inquisiteur qui le suivait partout là, il n'avait rien d'autre à faire non plus ? J'attrapai par le col des vêtements deux gamins qui passaient justement à ma portée. Je les soulevais de terre, et les gosses gigotaient péniblement, pensant que j'allais les sermonner. Il fallait bien une méchante dans l'histoire.

- Arrêter de bouger les mioches ! C'est déjà insupportable de devoir vous entendre brailler à longueur de journée. Allez la dedans, et restez y compris ?

Peut-être que si j'avais eu une voix plus douce, ils ne m'auraient pas écouté. Mais là, aucun doute possible, même s'ils étaient rebelles, il ne bougeraient pas d'un pouce. Tiens et il est pas dans la litière le blablateur ? Y a que des mômes. Ah qui sait, il est peut-être déjà à l'abri, pas besoin de "s'inquiéter".

- Ouaiiiis merci de m'avoir trouvé un abri Eärebriclyaaaa ! Oups, un chaton mort hihihi.

Et ce stupide lézard qui revenait, et prenait la place confortable qu'un enfant aurait pu prendre. J'attrapai l'animal par la queue pour l'emmener avec moi. Pas question qu'il se la coule douce pendant que je bossai. On était sensé faire une équipe, il l'assumerait jusqu'au bout.

- Réunis les derniers enfants, et emmène les la dedans, et si je te vois tirer au flanc je promets que ce sont tes pouces que je prélèverai.

Il émit un petit son aigu, signe qu'il avait parfaitement pigé ce que je venais de lui dire, et qu'il avait mesuré la menace. Pendant qu'il aidait, je l'espère, les derniers enfants, j'aidai d'autres hommes et femmes à défaire les animaux des charrettes pour pouvoir renverser celle-ci et permettre aux gens de s'abriter. Et une fois cela fait, il fallait s'assurer que les animaux ne prendraient pas la fuite, et maitriser un cheval ou un boeuf, ce n'était pas une partie de plaisir.
Le vent soufflait tellement fort que j'avais du mal à garder pied à terre. Parfois même les enjambées que je faisais étaient disproportionnées. Fafnir revînt vers moi et je poussai un soupir de satisfaction en entendant une voix fluette.

- Les enfants sont à l'abri mais... ils vont avoir soif non tu ne crois pas ?

Dieux merci, pour cette épreuve elle avait été raisonnable et avait fait l'effort de rester gentille. Je regardais partout autour de moi, et tout le monde semblait trop occupés pour voir ce que je comptais faire. Je sortis une grosse gourde de mon sac de voyage en peau, et me concentrai. Ce n'était pas évident, et je voyais clairement les sillons que creusaient mes talons dans le sable alors que le vent m'emportait. Finalement, de l'eau coula de mes paumes jusque dans la gourde, et la remplit entièrement. J'eus une toux grasse, en posant un genoux à terre, le temps de reprendre mes esprits. Fafy était déjà en train de porter l'eau aux enfants dans la litière et resta avec eux pour la faire partager sans problème.
Une fois assez rétablie pour marcher, je chancelai en cherchant une place de libre sous une charrette, sans vraiment en trouver.


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MessageSujet: Re: Le désert n'est pas que dunes à perte de vue [Eärebriclya]   Sam 9 Aoû - 13:45

J'avais vu l'autre gonzesse s'occuper de gamins. Très bien. J'allais pouvoir faire des allers-retours entre les roulottes pour prévenir les autres. Je n'étais pas particulièrement à l'aise avec les animaux, aussi laissai-je à leurs propriétaires le soin de les calmer, pendant que je faisais basculer avec plusieurs gros bras certaines des chariotes.

Le vent devenait de plus en plus violent et ça devenait compliqué pour moi d'avoir des appuis stables. Si le sable ne se mettait pas de la partie, cela dit, j'allais pouvoir avoir une petite chance de faire tout ce que je voulais. Mais je ne me faisais guère d'illusions.

Je m'assurai que tous avaient un abri avant de m'en chercher un. L'inquisiteur ne cessait de me tirer par le bras pour me dire de me mettre à l'abri, mais vu la force du vent, je ne pouvais rien entendre. Sauf s'il hurlait dans mon oreilles, évidemment, chose que je ne le laissais pas faire.

Je comptais fermer les volets en bois de la litière avant de me mettre à l'abri derrière. Ainsi je pourrais m'assurer de la sécurité et des besoins éventuels des gamins.

C'est ainsi que je croisai la Doss'Ta, qui, semblait-il, n'avait pas trouvé d'abri. Et les rafales de vent qui se faisaient de plus en plus violentes... Je gueulai une fois encore, tirant sur mes cordes vocales qui, si j'en croyais l'irritation qui pointait, me feraient un mal de chien demain.

« Viens ! »

A force de « hé toi », et d'ordres, c'était sûr que ce n'était pas la manière la plus pratique de se faire apprécier, mais je ne connaissais pas son nom, et ce n'était pas le moment le plus judicieux pour demander ce genre d'informations. L'inquisiteur me tira une fois encore par le bras, ayant trouvé un abri sous une roulotte. Je me débattis comme je pouvais. Il fallait fermer les volets. Les fragiles tentures ne supporteraient pas le choc et laisseraient passer plus de sable qu'une fenêtre grande ouverte.

Je ne sais comment, je réussis à me soustraire à la poigne de mon protecteur, qui, décidant sans doute que je devais être fou à lier, m'abandonna là et s'abrita à l'endroit qu'il avait trouvé. Très bien, qu'il m'abandonne s'il le souhaitait !

Les volets en bois grinçaient terriblement et résistaient. Bordel. Si seulement j'avais pris les entraînements des inquisiteurs un peu plus au sérieux, j'aurais eu la force physique nécessaire. Mais je réussis à fermer un côté, puis l'autre.

Juste à temps car la tempête fondit sur nous à cet instant précis. Le sable me griffa la peau, mais un pas après l'autre, je trouvai refuge derrière la litière, avec la guenon au lézard. Abri de fortune et nettement moins efficace que sous une roulotte, mais qu'importe. Je savais que j'avais fait le bon choix. Et puis ce n'était pas comme si j'étais le moins endurant possible. Même si le sable et le vent trouvaient un moyen de me fouetter, je savais que je pouvais survivre à ça.

Et même si ce n'était pas le cas, rien de tel qu'un martyr pour mieux accroître l'influence de sa sainteté, hein ? Je jetai un coup d’œil bref, les yeux plissés pour éviter de prendre trop de sable, vers la fille. Est-ce qu'elle tiendrait le coup ? Si moi je pouvais crever, il n'en allait pas de même pour elle.

« Je peux t'ouvrir une partie des volets pour que tu rentres », hurlai-je pour couvrir le vacarme.

J'étais part négligeable. Pas elle.


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MessageSujet: Re: Le désert n'est pas que dunes à perte de vue [Eärebriclya]   Sam 9 Aoû - 18:53

Le vacarme du vent et du bois des charrettes qui travaillait sous son intensité se faisait plus grand chaque seconde. Et comme je ne trouvais aucun endroit où passer cette épreuve, je commençais sérieusement à m'inquiéter pour moi-même cette fois. J'avançais en gardant la tête sur le côté pour éviter d'avoir du sable dans les yeux et la bouche, quand j'entendis une voix.

« Viens ! »

Le même gars que tout à l'heure. Il semblait hurler, mais son cri était presque inaudible. J'avais l'impression que la surdité me touchait. En tout cas je n'avais jamais été autant soulagé de voir un type qui m'avait pourtant mal causé juste avant. Je marchai donc péniblement dans sa direction alors que quelqu'un d'autre semblait vouloir l'emmener ailleurs. Finalement, l'autre abandonna et partit se cacher. Si c'était son ami, il ne portait pas ses couilles en tout cas. Je serrai les dents comme si je combattait contre un ennemis invisible et pourtant redoutable. Ce genre de catastrophe détruit tout sur son passage et ne laisse que la mort... Qui savait ? Nous allions peut-être finir enterrés vivants, n'ayant que pour dernier passe temps avant la mort, l'écoute des braillements des enfants et des autres femmes... Les dieux étaient bien cruels de nous laisser dans cette sale situation... En même temps, que pouvaient-il faire à part nous regarder lutter ..? J'eus à ce moment là l'image des Dieux qui nous regardez comme s'ils appréciaient un spectacle. C'est ce que je ferais en tout cas à l'heure place. Ohoh la déesse sadique que je serais pas !
Finalement je réussis à rejoindre le gars qui s'abritait derrière la litière. Il semblerait que ce soit tout ce qu'il nous restait. Soit, nous ferions avec. Il n'avait pas l'air d'être un faible, je pense qu'il pourrait largement supporter la tempête ainsi si tout se passait bien. A peine l'avais je rejoins, la litière s'ébranla. La tempête était sur nous.
Je gardais les yeux et la bouche fermés avec une grimace témoignant de l'effort que je faisais à ne pas jurer à cause du sable qui me fouettait de toute part. J'essayais d'ailleurs, tout en gardant la bouche fermée de racler avec mes dents le sable qui collait à ma langue.

« Je peux t'ouvrir une partie des volets pour que tu rentres »

J'ouvris seulement un oeil pour regarder le gars qui avec gueulé tant bien que mal ces mots. Je fis non de la tête pour ne pas gueuler à mon tour, d'autant plus que les gamins dans la litière braillaient comme ce n'était pas permis. Heureusement que je portais pas une armure de Doss'Ta sinon il pourrait croire que je suis une faible femme.... alala ces mecs... Je prie un peu plus appui sur mes pieds en plaquant tout mon buste contre notre abris... Il semblait se soulever par moment, ce qui n'était pas rassurant.
J'entendis alors un fracas derrière moi, et en tournant la tête j'eus tout juste le temps de voir une des charrettes servant d'abri dégringoler. J'écarquillais les yeux avant de les fermer rapidement, comprenant mon erreur. Certaines personnes avaient été balayées avec la charrette, et aller les chercher serait du suicide. En retenant ma respiration, je tendis un bras à ras terre hors de la protection de notre abris en espérant attraper quelqu'un. Par bonheur je pus saisir un bras qui passait par là et à tirer l'homme jusqu'à nous. Quelques secondes à peine dans la tempête lui avait bien arrangé le portrait. Les griffures du sable grossier sur ses joues et sa gorges étaient profondes, mais une fois ce calvaire terminé, il se remettra rapidement.
Sur mon épaule, je sentis une légère pression. Mon dragon était sortit de la litière pour rester avec moi. Il faisait de petites étincelles pour me maintenant pleinement attentive.

- Je sais pas si on va tenir longtemps ! J'ai l'impression que notre abri va se retourner sur notre gueule à tout instants !!!


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MessageSujet: Re: Le désert n'est pas que dunes à perte de vue [Eärebriclya]   Dim 10 Aoû - 18:43

La réaction de la guenon fit écho à la mienne. Moi aussi je tournai la tête vers la source du bruit, yeux écarquillés par la surprise. Pour les refermer aussitôt que le sable s'y engouffra. Maladroitement, je tentai d'essuyer mes yeux pour retirer du sable. Sans grand succès. Ça m'apprendra, tiens, à jouer les effarouchés surpris.

Cependant, elle eut une initiative des plus judicieuses. C'est ainsi que, de l'autre côté, je fis de même. Malheureusement, mon geste n'eut pas le même succès que la guenon. Je réussis à tendre le bras pour qu'une femme l'attrape et que je puisse la tirer vers notre abris Ses ongles s'enfoncèrent dans ma chair, désespérée qu'elle était, et tracèrent de longs sillons sanglants, toujours entraînée par la force de la tempête. Je n'eus pas le temps de l'agripper. Ma main se referma sur du vide.

« Non !! »

J'avais échoué. Bougre d'imbécile, à quoi sers-tu ?! Bras stupide, bras faiblard, pourquoi n'as-tu pas saisi cette femme plus tôt ?!

La seule marque qu'elle laisserait, si jamais on ne la retrouverait pas, ce serait des écorchures sur mon bras. Écorchures qui ne resteraient tout au plus qu'un jour. Putain de merde, je me sentais malade. Jusqu'au moment où la fille se mit à attirer mon attention sur autre chose. Et merde, c'est qu'elle avait raison, en plus !

Je arc-boutais contre la litière. Un vent capable de soulever un machin pareil... Foutredieu. S'ils existaient vraiment, j'espérais qu'il ne s'agisse que d'une simple farce à la con. Encore que, j'en étais sûr, les inquisiteurs allaient trouver que quelqu'un avait fait preuve d'un peu trop d'hérésie et attiré une attention malvenue sur nous tous. Est-ce que je leur dis que le coupable le plus probable est leur Enfant-fleur adoré ?

Quoi qu'il en soit, même à deux, la litière se soulevait toujours par intermittence. Je jetai un coup d’œil à l'homme que la fille avait sauvé. Quelques griffures, un léger état de choc... Il survivrait. Et il allait nous aider, qu'il le veuille ou non.

Je profitai d'une brève pause pendant les rafales de vent, laissant pour un temps la fille s'occuper seule de stabiliser la litière, pour m'accroupir auprès de l'homme et de le ramener à la conscience de ce qui l'entourait en lui emprisonnant le visage de mes deux mains et en le forçant à tourner la tête vers moi. Il papillonna des yeux.

« Écoute-moi, fidèle ! La Trinité te charge d'une tâche cruciale : sauver les enfants qui se trouvent dans la litière ! Aide-nous à la maintenir en place !
- Êtes-vous... ?
- Oui, m'aideras-tu à accomplir la parole de la Trinité, fidèle ?! »

Il hocha la tête à plusieurs reprises. Si j'avais cru un seul instant à la divinité, j'aurais pu penser que la lumière de la Trinité venait soudainement de le toucher et de lui donner des forces. Ah, la beauté du fanatisme...

Quand je me mordis le pouce pour lui tracer le signe de la Trinité sur le front à l'aide de mon propre sang, il parut au comble de l'extase divine et se releva pour nous aider à maintenir en place la litière. Pendant que nous peinions à la tache, je n'osai pour l'instant pas croiser le regard de la fille. Au vu de ses expressions précédentes, elle ne savait pas qui j'étais. Peut-être que cela valait pour le mieux, mais avec mon petit numéro de comédie, elle pouvait très bien deviner aussi sec. Pas que ça me dérange, ne vous méprenez-pas. Mais elle pouvait parfaitement prendre mon silence pour... je ne sais pas, une habitude à dissimuler mon identité, mentir ? Et après l'esclandre que j'avais failli provoquer quand j'avais été ordonné prêtre de Dos'Ta, le fait d'être considéré comme un menteur me taraudait plus que tout. Ne vous moquez pas ! On a tous nos petits complexes et petites frayeurs. Mais qu'on vienne à douter un seul instant... et le reste suivrait. J'avais accepté de sacrifier mon existence aux mensonges de la Ghilde Ar'Aan. Ce n'était pas pour la voir partir en poussière juste parce que quelqu'un avait émis des doutes plus que légitimes.

La tempête ne pouvait durer éternellement, cependant. Je crus sentir un moment de calme. Peut-être avant que tout ne se déchaîne plus encore, mais peut-être bien que ça signifiait le début du retour au calme... ?


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MessageSujet: Re: Le désert n'est pas que dunes à perte de vue [Eärebriclya]   Mar 9 Sep - 15:33

Ceci est un spoiler d'excuses:
 

Je n'en pouvais déjà plus. Lutter contre le vent, en soi, c'était encore faisable. Mais si une bourrasque venait à retourner la litière, nous nous retrouverions avec deux problèmes sur le dos. Déjà, le poids de l'embarcation sur notre tête, ce qui risque d'assommer même le plus robuste des gardes, et ensuite, il faudrait s'occuper des enfants toujours à l'intérieur. Autrement dit, cela n'était pas possible de nous en sortir tous indemne. Le gars de tout à l'heure oeuvrait également à la stabilisation de la litière, ce qui me soulageait dans un sens. Je n'étais pas seule. Le miraculé lui, semblait encore reprendre ses esprits.

Soudainement, je sentis une pression, comme si le vent soufflait plus fort. En tout cas, je redoublais d'effort pour maintenir la litière en place. Je remarquai un peu après qu'en fait, c'était le morveux qui avait arrêté de m'aider pour s'occuper de l'autre... Eh connard tu vois pas que je vais pas y arriver ? Ce que les gens pouvaient être cons ! Il pouvait pas prévenir qu'il allait tout lâcher d'un coup ? Je me mettais dos à notre abris en mettant toute mes forces dans les jambes pour le garder debout. Déjà mes talons s'enfonçaient dans le sable.

Je pense que j'étais trop concentrée sur le fait de ne pas laisser mes jambes flancher, car je n'ai pas tout saisis de ce qui se passait entre les deux hommes. ça ressemblait presque à une bénédiction. Heu heu heu à tous les coups, l'idiot qui me donnait des ordres depuis tout à l'heure était celui que j'escortai à la base. ça expliquerait pourquoi les inquisiteurs le suivaient à la trace. Bah, important où pas, va falloir qu'on s'explique sur sa façon de me parler. Pas parce qu'il est supérieur qui doit se permettre de me traiter comme de la sous merde. Au contraire, il est sensé avoir une bonne éducation.

Finalement, les deux types finir par aider à la stabilisation de la litière, et je me permis de pousser un soupir de soulagement. C'était pas trop tôt. On tint un moment, jusqu'à ce que petit à petit tout se calme... Bientôt, ce n'était même plus la peine de tenir l'embarcation. J'hésitais. Est-ce qu'on était dans l'oeil du cyclone, et que par conséquent nous n'avions fait que la moitié du calvaire, ou bien était-ce réellement terminé ? J'observai les alentours : le sable ne volait plus autant, bien qu'un légère brise subsiste, les gens ne criaient plus de peur de se faire emporter... tout semblait s'être réellement calmer.

Je me risquai à faire quelques pas en dehors de la protection de la litière. C'était bizarre que ce se soit apaisé d'un coup. Je restai méfiante, tout en courant vers des petites dunes de sables qui n'étaient rien d'autres que des personnes ensevelies, faute d'abris. Je constatai presque avec rage que la majorité de ceux qui avaient paumés leur abris n'étaient plus de ce monde. Je tapais le poing sur la surface plane du sable près de moi, faisant voler quelques grains. Il était frustrant de devoir admettre qu'on ne pouvait rien faire pour ces gens face à un tel cataclysme. Et je ne pus m'empêcher de penser que si môssieur n'avait pas eu besoin de se déplacer, tout cela ne serait pas arrivé... Il pouvait pas voyager à pied et seul, comme tout le monde ? Je le regardai, un peu déçue.


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Le désert n'est pas que dunes à perte de vue [Eärebriclya]

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